1 mars 2024
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Le livre du mois : “Le poids des secrets” de Aki SHIMAZAKI

Le livre du mois : "Le poids des secrets" de Aki Shimazaki

Publié aux éditions Babel

Le poids des secrets regroupe cinq courts récits rédigés à la première personne par ceux qui en sont les principaux protagonistes. Les végétaux et animaux choisis comme titre – Tsubaki (Camélia), Hamaguri (Palourde), Tsubame (Hirondelle), Wasurenagusa (Myosotis) et Hotaru (Luciole) – symbolisent un des personnages, reviennent comme des leitmotivs et forment des passerelles entre les différents parties. En se recoupant, ces récits apportent des éclairages complémentaires sur les événements familiaux et historiques vécus par Yukiko et Yukio (demi-sœur et frère qui s’ignorent puis se découvrent), leurs parents et leurs grands-parents.
Par l’intermédiaire de ses personnages, la romancière de langue française, installée au Canada, illustre de manière critique les travers du Japon impérial (nationalisme, dévotion à l’empereur, mépris de la mort…) et ses conséquences (colonisation de la Corée, invasion de la Mandchourie, racisme institutionnel envers les coréens…).

En 1943, les parents de Yukiko, alors âgée de 14 ans, s’installent à Nagasaki, dans la maison jouxtant celle de Takahashi, un collègue et ami du père. Les Takahashi ont un fils, Yukio, qui a trois mois de plus que Yukiko. Les adolescents tombent amoureux… jusqu’à ce que Yukiko comprenne que Yukio est son demi-frère, que son père a conçu avec madame Takahashi alors qu’il était déjà marié. Je ne pouvais dire à Yukio cette vérité et je n’avais plus qu’à le quitter pour toujours, se dit YukikoPeu après, la bombe dévaste Nagasaki.

Devenu adulte, Yukio comprend que Yukiko était la petite fille qui venait le voir avec son père dans l’orphelinat où il vivait lorsqu’il avait quatre ans.  Comprenant également que cette fillette était sa demie-sœur et que l’homme qui était avec lui et dont il ne connaît pas le nom était son véritable père, il entreprend des recherches pour les retrouver. La coquille d’une palourde (Hamaguri) que les deux enfants s’étaient partagés lorsqu’ils avaient quatre ans est le seul élément matériel pouvant apporter la preuve que Yukiko est bien sa sœur consanguine.

Pierre V. 

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